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Too Good To Go : remplir son assiette en agissant pour la planète

"Too Good To Go" vient d'arriver à Bordeaux : une application numérique anti-gaspillage pour profiter, à prix cassés, des invendus de la restauration et des commerces alimentaires.

 Lucie Basch, fondatrice de To Good To Go

Déclic

Un tiers de la production alimentaire mondiale finit chaque année à la poubelle - en France, 10 millions de tonnes. "Une absurdité totale" s’indigne Lucie Basch, jeune ingénieure parisienne de 24 ans, créatrice de l’application TGTG (pour "To good to go"/"trop bon pour être jeté").
Le déclic se produit un soir de 2015 dans une rue de Norvège - où elle vit alors par intermittence - , lorsque la jeune femme sauve de justesse les invendus d’un coffee shop, qu’un employé s’apprête à jeter aux ordures. Sa décision est prise : quitter le géant de l’agroalimentaire qui l’emploie à Londres, et s’adonner enfin "à un projet qui ait du sens", qu’elle concocte avec un petit groupe d’amis expatriés.
Le démarrage prometteur du site internet, puis de l’application TGTG, lancée en Norvège et au Danemark en février 2016, l’incite à s’implanter 4 mois plus tard sur le sol français - à Paris puis à Lille. En août, le projet récolte plus de 12 000 € de soutien participatif sur Kisskiss BankBank : "avec un maximum de donateurs Bordelais, impatients de voir le concept décliné dans leur ville"… c’est chose faite depuis mi-octobre.

Gagnant-gagnant

TGTG permet donc aux commerçants de bouche d’écouler à petit prix leurs invendus du jour - en indiquant l'heure à laquelle les usagers pourront venir collecter ces "sacs surprise", bradés de 50% à 80%. Téléchargeable gratuitement (sur l’App Store ou Google Play), l’application géolocalise l’usager, qui peut alors visualiser les commerçants "engagés" autour de lui, passer commande, et  éventuellement payer directement sur smartphone.
Restaurants, supermarchés, petits commerçants, traiteurs, mais aussi hôtellerie ou structures événementielles ("pour les surplus des buffets") : ils sont aujourd’hui 220 professionnels en France à adhérer au réseau, et déjà une trentaine à Bordeaux. Avantages de ce système "gagnant-gagnant" : un petit coup de pub pour les uns, des économies et un geste écologique et solidaire pour tous.
La start-up encourage en effet les commerçants à limiter les emballages polluants - quitte à leur fournir des boites en fibre de canne à sucre - et les clients à venir avec leurs propres contenants. Pour 2 euros, elle propose également une option "offrir un repas à un démuni" : le généreux donateur pourra, en outre, s’impliquer davantage, en prenant part aux distributions groupées de ces repas offerts aux sans-abris.

"Apprendre en faisant"

Présente dans 6 pays européens et 5 villes françaises, la start-up, qui se rémunère en prélevant une commission fixe d'1€ par transaction, connaît dans l’Hexagone une croissance hebdomadaire d’environ 40%.
Lauréate en octobre dernier du concours Food Waste Challenge organisé par le groupe Carrefour, elle a bien sûr vocation à étendre au plus large son champ d’action. Outre une équipe de 7 membres à temps plein et une dizaine d’"occasionnels", Lucie Basch peut compter sur son propre sens du défi, qui semble à toute épreuve : "adepte du learning by doing" ("apprentissage par la pratique"), je sais apprendre de mes défaites ; j’avance comme un entrepreneur, qui cherche à prendre des risques, plutôt que comme un chef d’entreprise, qui cherche  à les éviter". CQFD.