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Virage numérique pour le secteur vinicole

A l'occasion du salon international Vinexpo, Bordeaux montrera que sa filière vini/viticole est plus que jamais innovante. Un leadership conforté par l'utilisation des technologies digitales pour la production, le marketing ou encore le tourisme vinicole.

23 bouteilles de vins de Bordeaux vendues chaque seconde dans le monde, dont 42 % à l'export : malgré la crise, sur la campagne de commercialisation 2012, les vins de Bordeaux ont enregistré un chiffre d'affaires de 4,3 milliards d'euros, en progression de 10 % par rapport à la période précédente. Un succès dû aux exportations, dont la hausse de 28 % est tirée par une forte demande en Chine.
Face à une concurrence internationale féroce, la viticulture locale investit dans le numérique. Outre l'intégration de technologies numériques dans la production, de nombreuses jeunes entreprises bordelaises créent des services performants dédiés au secteur. Par exemple, pour lutter contre la contrefaçon, Qual'ID a développé un système de traçabilité unique et breveté pour les grands vins, qui fonctionne avec la technologie NFC (Near Field Communication). Parmi les services prometteurs, un système de réservation en ligne pour visiter les propriétés viticoles, inventé par la société Wine Tour Booking qui devrait intéresser les touristes étrangers. Sans oublier la start-up mabouteille.fr, jeune pousse d'à peine plus d'un an, qui propose un service en ligne de personnalisation de bouteilles de vin et emballages.

Une révolution dans un milieu traditionnel

Autre innovation inédite, Max, le sommelier virtuel qui est capable de choisir le meilleur vin en fonction de vos envies, de vos mets du soir, dans un rayon de supermarché de 600 vins en 30 secondes. La société Vinoreco a fait fureur avec cette idée. L'application a séduit Carrefour et débarque maintenant chez Leclerc. Dans un registre similaire, Smartcave, gère votre cave pour vous. Il vous donne les vins à boire chaque soir parmi 50 000 références. 
A noter aussi, Wine Services, qui offre aux propriétaires de grands crus classés un suivi précieux de leurs produits dans le monde entier. Il s'agit de mesurer l'e-notoriété des grands vins et de savoir s'ils sont à la carte des meilleurs restaurants internationaux.
Le numérique permet aussi aux viticulteurs de mieux gérer leurs achats. Vinallia a ainsi mis en place une centrale d'achats commune, qui professionnalise l'achat et restaure les marges.
Sur le plan technique, la viticulture de précision se développe. Aujourd'hui, la société Vitivista est capable d'analyser la vigueur de la végétation de la vigne avec un drone. Demain, on pourra détecter le stade de maturation de la vigne, les maladies. C'est tout l'objet du projet Vitidrone, porté par le cluster régional Inno'vin et la société Vitivista.
Toutes ces entreprises bordelaises ont révolutionné un milieu que l'on croit encore très traditionnel. La vitalité du cluster Inno'vin, créé en 2010, qui compte 70 adhérents et représente 1 300 emplois et 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, en témoigne. « Une dynamique numérique est née ici. Bordeaux entend devenir la Silicon Valley du vin », avance Gilles Brianceau, son directeur. C'est dans cet esprit qu'il a lancé Bordeaux Wine Startups mi-avril avec un noyau dur d'une douzaine de start-up. La plupart de ces jeunes entreprises utilisent le numérique pour développer des services BtoB ou BtoC à destination des viticulteurs, comme Wine Data System qui propose une plateforme de partage d'informations entre le producteur et le négociant, afin de gagner du temps et de l'argent. Autant d'innovations qui devraient faire de Bordeaux « the place to be » quand on parlera demain de vin et de numérique. L'enjeu est capital. Le secteur représente 65 000 emplois directs et indirects dans la région.

Un serious game pour une viticulture en manque de bras

La société bordelaise Shinypix crée actuellement un serious game pour susciter des vocations dans la viticulture. Il sera disponible sur téléphones portables et Facebook d'ici un an et invitera les jeunes à gérer une propriété viticole, depuis la taille de la vigne jusqu'à la commercialisation. Car aujourd'hui, plus de 50 % des dirigeants des exploitations viticoles ont plus de 50 ans. Sans compter qu'un certain nombre de métiers sont déjà en tension, comme opérateurs en embouteillage, tractoristes, tailleurs de vignes, voire les métiers de la vente.